UNE ÉTUDE DE PHASE II EN COURS

cGvHD – Maladie chronique du greffon contre l’hôte

 


Quand le greffon attaque les organes du receveur

La cGvHD – Maladie Chronique du Greffon contre l’Hôte – est une réaction auto-immune qui se produit à la suite de greffes de moelle osseuse ou plus exactement de cellules-souches hématopoïétiques allogéniques avec une fréquence de 30%. Elle touche environ 16 000 personnes dans l’Union Européenne et 20 000 aux États-Unis et au Canada, ce qui la place sous la dénomination de Maladie Orpheline.

Après la greffe, les cellules immunocompétentes contenues dans le greffon déclenchent une réaction immunitaire contre le receveur – appelé « hôte ». Elles considèrent comme étrangers les alloantigènes du receveur et cherchent à les détruire. Les lymphocytes T du donneur attaquent alors les tissus et organes du receveur.
L’alloréactivité (c’est-à-dire les antigènes provenant d’un individu de la même espèce, mais dont la structure génétique et tissulaire est différente) reste un obstacle majeur aux transplantations d’organes et de tissus, puisque les rejets immunologiques aboutissent à la perte relativement rapide du greffon sans traitement immunosuppresseur.
La GVH dite aiguë survient avant le centième jour post-greffe. Passé ce délai, elle est dite chronique, avec des poussées irrégulières.
Le taux de pertes de greffon dues à un rejet chronique et à la néphrotoxicité des immunosuppresseurs est non négligeable, rendant la cGvHD potentiellement mortelle. D’où le besoin urgent de nouvelles approches thérapeutiques.

Une étude clinique phare

Le trioxyde d’arsenic a fait ses preuves pour lutter contre les mécanismes auto-immuns dans plusieurs modèles animaux des maladies auto-immunes.

C’est le cas pour le Lupus érythémateux disséminé et diverses formes agressives incluant des atteintes néphrétiques chez l’animal, la maladie de Crohn expérimentale, la sclérodermie induite, l’encéphalomyélite allergique expérimentale, ou la réaction du greffon contre l’hôte dans son expression chronique auto-immune.
Nous avons envisagé notre développement en tenant compte de la rigueur de la démonstration d’efficacité obtenue précédemment pour la réaction du greffon contre l’hôte chez la souris après allogreffe (Voir Kavian et al 2012), dans des conditions aussi proches que possible de la même réaction chez l’Homme, en cours de traitement pour un cancer du sang. Ce développement précis présente des aspects non seulement scientifiques et médicaux, mais aussi des aspects de protection industrielle assurés d’une part grâce à nos brevets reconnus mondialement, et d’autre part grâce aux perspectives de marché renforcées par une classification de la maladie en maladie rare, qui nous vaut depuis 2016 une désignation de médicament orphelin pour le trioxyde d’arsenic.
Compte tenu de premiers résultats très encourageants, cet essai est en passe de devenir exemplaire et nous porte à croire qu’il constitue la pierre d’angle de notre développement futur. C’est en cela que nous le considérons comme un essai phare.

Une étude clinique de phase II en cours

Le 25 août 2016, MEDSENIC a obtenu l’autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) pour initier une étude clinique de Phase II avec du trioxyde d’arsenic dans le traitement de première intention de la cGvHD (GvH chronique).

À cette autorisation s’ajoute l’avis favorable délivré par le CPP (Comité de Protection des Personnes) le 14 septembre de la même année.
L’étude clinique de phase II, démarrée fin 2016, est dirigée par le Pr Mohammad MOHTY, Chef du service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire à l’hôpital Saint-Antoine – Paris. Cette étude concerne 24 patients répartis dans 9 centres investigateurs (Saint-Antoine, Nantes, Toulouse, Caen, Montpellier, Marseille, Limoges, Bordeaux et La Pitié Salpêtrière) pour une durée de 2 ans. Chaque patient, récemment diagnostiqué et dont la gravité de la maladie nécessite une mise sous traitement par corticothérapie administrée par voie systémique, reçoit un cycle de 11 perfusions de trioxyde d’arsenic réparties sur 4 semaines. En cas de réponse partielle, un 2e cycle pourra être proposé sur le même schéma.
L’objectif de cette étude est d’améliorer le taux de réponse à 6 mois après le diagnostic de la cGvHD et un traitement par le trioxyde d’arsenic en association avec une corticothérapie.

Un médicament orphelin pour une maladie rare

L’EMA (European Medicine Agency) a accordé le statut d’ODD (Orphan Drug Designation) à l’utilisation du trioxyde d’arsenic pour le traitement de la cGvHD.

Cette reconnaissance va permettre à MEDSENIC de bénéficier d’une protection industrielle et commerciale prolongée de 10 ans par rapport à la durée initiale de ses brevets CNRS à l’obtention de l’autorisation de mise sur le Marché.